Auteur Sujet: Journal de Ryo Everard  (Lu 2874 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne Mica

  • Grand parolier des forum
  • *****
  • Messages: 366
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
Journal de Ryo Everard
« le: 04/08/2010, 01:35:01 am »
Le 3 avril 989, Chaville, Gabriel

J'ai répondu à l'invitation du baron Ackerman, un noble pour lequel j'ai œuvré il y a quelques temps. Pour me remercier de mes services, il m'a offert un billet pour le voyage inaugural de La Dame, un formidable zeppelin qui doit conduire une petite communauté de riches bourgeois et de parvenus jusqu'aux portes d'Abel.

Le rendez-vous est fixé à 7 heures, à l'auberge du commerce. J'y retrouve le baron et son garde du corps, ainsi que trois autres personnes que le baron invite également à voyager à bord de La Dame : Lexus Alamina, un grand gaillard à la peau claire, aux longs cheveux blonds et aux yeux bleus, sûrement un aion ; Valnar, un géant qui doit mesurer le double de ma taille, doté d'une grand force ainsi que d'une épée bâtarde et d'un bouclier, la peau foncée, de longs cheveux clairs et une armure de mailles noire ; Hyppolite Trace, un freluquet qui parle beaucoup, tout de pourpre vêtu, de longs cheveux raides dissimulant à moitié son visage.

Le baron a à peine le temps de nous présenter qu'il nous enjoint à nous rendre jusqu'à l'embarcadère où des serviteurs embarquent déjà les bagages des nombreux voyageurs aux tenues et aux airs ne dissimulant aucunement leur noble ascendance. A 8 heures, nous décollons enfin. Certains s'émerveillent de la beauté de cette machine et du plaisir de voler. Les sots! Ne peuvent-ils pas s'extasier en silence plutôt que d'afficher ces mines stupides d'enfants stupéfaits?

En attendant que les chambres soient correctement préparées, tous les voyageurs attendent dans la salle principale, décorée de statues auxquelles le curieux Lexus jette un œil intrigué. Pendant ce temps, je me dirige vers le buffet et observe mes congénères. Après la première heure de vol, le paysage terrestre laisse place à la mer intérieure.

Il est 10 heures et les chambres ne sont toujours pas prêtes. Les gardes ne nous donnent aucune information sur les raisons de ce retard. Quelle belle bande d'abrutis! Ils portent de magnifiques épées et ne savent probablement pas s'en servir pour autre chose que se curer le nez. Valnar semble aussi ressentir une certaine impatience puisqu'il tente d'intimider les gardes pour pouvoir accéder à sa chambre.

Une heure de plus vient de passer. Cette fois, c'est Hyppolite qui cherche à quitter la salle principale. Il parvient à se faire accompagner jusqu'aux toilettes, où il découvre des gouttes de sang sur une cuvette. Il demande au garde d'avertir le capitaine Sadler, son supérieur, puis se fait ramener à la salle principale.

A midi, le repas est servi, et tout la tension presque palpable qui se faisait sentir semble s'évaporer avec les mets délicats qui nous sont servis. Je reste néanmoins attentif aux gardes, qui nous observent avec un air inquiétant.

Vers 13 heures, un cinquième garde entre dans la pièce, arbalète en main, et fait fermer les portes. Il tire un carreau qui manque de peu un noble dissimulé derrière un meuble tout en criant à la traîtrise. Sans attendre son reste, Valnar dégaine épée et bouclier et s'apprête à donner aux cinq gardes une leçon de courtoisie. De mon côté, je plonge toute la salle dans une nuit noire dans laquelle nul ne peut voir à part moi. Les gens paniquent, se cachent, et les gardes, surpris, sont sur les dents. J'octroie ensuite la visibilité dans l'obscurité à Valnar, j'ai senti qu'il y avait un fort potentiel guerrier en lui, je suppose qu'il pourra se débarrasser facilement de ces hommes dans le noir. Et je ne me suis pas trompé, puisqu'il en élimine trois de façon plutôt aisée. J'aurais aimé voir plus de guerriers à "recruter", mais je n'en ai remarqué aucun autre.

Je finis par relâcher mon emprise sur la lumière, et à ce moment, Hyppolite bondit de sous la table où il se cachait pour fondre tel une furie sur l'un des gardes blessés. Nos geôliers mis hors d'état de nuire, nous ouvrons les portes et cherchons à en savoir plus sur ce qu'il se passe à bord du zeppelin. A peine avons-nous fait quelques mètres qu'une explosion retentit, fait tanguer l'appareil et nous jette au sol.

Une fois sur pieds, nous progressons dans le couloir principal. Hyppolite fonce droit devant en quête de la salle des commandes tandis que Valnar et moi faisons une halte par les cuisines où il a entendu un gémissement. Nous libérons des serviteurs enfermés avec quelques uns de leurs compagnons morts. L'un d'eux nous parle d'une personne qui aurait susurré des paroles que je n'ai pas vraiment saisies, depuis l'autre côté de la paroi. Une fois rejoints par Lexus, nous continuons notre investigation dans le couloir principal.

Nous rejoignons Hyppolite qui vient de croiser 7 gardes sur une passerelle et en a coupé l"accès en refermant une porte. Le freluquet fait demi-tour et court en direction de la machinerie. Nous n'avons pas le temps de prendre une décision que la porte s'ouvre et qu'un garde apparaît de l'autre côté. Je lui lance une décharge d'obscurité tandis que Valnar lui écrase son épée sur la tête. Lexus passe alors devant nous, visiblement prêt à affronter seul les 6 derniers gardes, qu'il ne peut combattre qu'un par un sur cette passerelle étroite.

Ne préférant pas attendre que les gardes tombent chacun à leur tour, je nous téléporte, Valnar et moi, de l'autre côté de la passerelle. Le colosse attaque alors par derrière les gardes en uniforme bleu roi et entame un beau massacre. Laissant les deux combattants s'occuper de la piétaille, je commence mon exploration du couloir au tapis rouge. Je remarque à plusieurs endroits des traces de griffes profondes dans le bois épais des murs. Je me demande quel être a pu causer cela.

De son côté, Hyppolite trouve la salle des machines et y découvre des cadavres de gardes, alors que deux autres de nos adversaires observent les machines, dubitatifs. Hyppolite profite du bruit assourdissant qui inonde la salle pour se faufiler derrière l'un des gardes et le menacer de sa dague. L'homme lui apprend que quelqu'un a saboté les machines et que "ça ne devait pas se passer comme ça". On dirait bien que nos ravisseurs ont rencontré un adversaire plus malin qu'eux. Hyppolite attache le garde et tue le second. A ce moment, un homme en habit d'ouvrier sort de sa cachette et lui demande de sortir, sans doute pour pouvoir parler loin du rugissant tapage. L'homme, un machiniste, révèle qu'il est impossible de redresser l'appareil ou de l'empêcher de chuter depuis la salle des machines, les commandes se trouvant dans le poste de pilotage.
« Modifié: 18/08/2010, 21:16:32 pm par Mica »

Hors ligne dark-wan

  • Moderator
  • spammer
  • *****
  • Messages: 1766
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
Re : Journal de Ryo Everard
« Réponse #1 le: 04/08/2010, 10:38:32 am »
Un journal très détaillé et résumant parfaitement la 1ère séance,  mon cher Ryo !

Hors ligne Mica

  • Grand parolier des forum
  • *****
  • Messages: 366
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
Re : Journal de Ryo Everard
« Réponse #2 le: 18/08/2010, 21:15:46 pm »
Hyppolite quitte la salle des machines et court à travers les couloirs dans la direction opposée de l'appareil, vers le poste de pilotage. Il découvre au passage les cadavres laissés par Lexus et Valnar, et rattrape ceux-ci, les avertissant qu'ils doivent se rendre au poste de pilotage de toute urgence.

Pendant ce temps, je continue mon exploration du couloir au tapis rouge, et tombe sur une lourde porte. Après l'avoir ouverte, je découvre un entrepôt plein de caisses de toutes sortes, ainsi que quelques corps de gardes déchiquetés. Continuant ma discrète investigation, je découvre une caisse de la taille d'un cercueil, remplie de paille, et selon toute vraisemblance, ouverte de l'intérieur. Ayant fouillé la caisse en vain, je prends une nouvelle porte qui donne sur un couloir, où se trouve un nouveau cadavre et quelques traces de sang. Peu désireux de me retrouver seul, nez à nez face à la personne ou la créature responsable du petit massacre de l'entrepôt, je me dirige prestement vers les bruits de course que j'entends un peu plus loin.

Lexus, Valnar et Hyppolite se retrouvent dans le poste de pilotage et y découvrent un véritable carnage. Des corps sont éparpillés partout dans la cabine, qu'il 'agisse de gardes ou de membres d'équipage. Trois gardes, dont l'un deux porte les insignes d'un quelconque grade, observent les cadavres, probablement surpris autant que mes compagnons de les trouver dans cet état. Visiblement, le détournement de La Dame ne se passe pas comme les miliciens de la compagnie (ou plutôt, ceux qui se font pas passer pour des miliciens) l'avaient prévu. Hypollite se jette sur le gouvernail et pousse le capitaine vautré dessus. Les gardes se retournent et se jettent sur mes compagnons.

J'arrive quasiment à la fin du combat, prêt à en démordre. Apparemment, mes confrères aventuriers se sont débarrassés avec facilité de leurs adversaires, bien que le gamin souffre d'une vilaine blessure. Celui-ci remarque une icône sur le tableau de bord et appuie dessus, déverrouillant en tout état de cause une porte située à l'arrière du navire. Ni une ni deux, nous faisons demi tour au pas de course. Maintenant que nous commençons à connaître les couloirs de l'appareil, nous retrouvons facilement notre chemin et nous retrouvons devant la salle qu'Hyppolite a déverrouillée et en ouvrons la porte.

A l'intérieur, des engrenages tournent dans un grondement assourdissant tandis qu'un homme armé de longues griffes vocifère quelques obscures incantations au centre d'un cercle rouge. Cet homme, visiblement celui qui se trouvait dans la caisse que j'ai découverte et qui est à l'origine du massacre de nombreux gardes, a pour intention d'ouvrir un passage vers je ne sais quel monde. Après quelques attaques infructueuses menées contre le bouclier du sorcier, nous remarquons deux barres de métal bloquant des engrenages. Supposant que ces barres bloquent le système de pilotage du navire, Lexus et Hyppolite se jettent sur l'une d'elles pour la retirer. De mon côté, j'use de mes talents pour transformer la seconde en corde.

Une fois les engrenages libérés, le sorcier vocifère et nous nous retrouvons projetés contre les parois de l'appareil, soufflé par une vague d'énergie ou je ne sais quelle force. Nous sombrons immédiatement dans un profond sommeil.


Le 4 avril 989, île inconnue.

Nous nous éveillons, mes trois compagnons et moi-même, sur une plage, à côté de quelques débris et des caisses qui contiennent nos affaires. Après avoir échangé quelques suppositions sur la raison de notre apparition sur cette île, nous nous dirigeons vers le clocher dont les huit tintements nous parviennent du lointain. Je lance un petit sortilège de nettoyage, puis nous suivons un sentier qui nous mène, près d'une heure plus tard, à un petit village.

Les habitants sont plutôt interloqués de voir notre petite troupe arriver comme un cheveu sur la soupe et se montrent plutôt méfiants. Le maire du village daigne cependant montrer le bout de son nez et nous accueille assez chaleureusement. Nous proposant de nous sustenter, il nous pose quelques questions et n'hésite pas à répondre aux nôtres. Il s'avère que cette île, nommée Corvinus, se trouve non loin de la côte de Gabriel, plus ou moins sur la route que devait suivre La Dame. Les quelques habitants de l'île sont, pour la plupart, des pêcheurs et des fermiers, vivant dans une certaine autarcie. Le contact avec le continent se fait pas une frégate appartenant à un marquis local (un certain Calvaconti) et passant tous les quinze jours environ.

Résignés à devoir attendre deux semaines sur cet îlot perdu, nous nous dirigeons vers l'Auberge du petit château, indiquée par le maire et située à une vingtaine de minutes du village. Nous sommes accueillis par la charmante Myriam, une jeune femme enceinte qui a perdu son mari voila huit mois. Pendant que mes compagnons vaquent à leurs occupations, je discute avec notre hôte et obtient quelques informations plus ou moins importantes sur l'île et ses habitants.

J'apprends ainsi que le marquis Calvaconti semble peu apprécié par la population de l'île qui, selon une rumeur, serait un vampire. J'ai tout de même fait l'effort de ne pas éclater de rire, ne souhaitant pas offusquer Myriam. Ce marquis, donc, est retranché dans son château et s'entoure gardes plutôt patibulaires, à ce qu'on dit. L'homme s'intéresse à une jeune fille, une certaine Catherine, une protégée du père Scott (ecclésiaste du village et décédé récemment).

Après un repas frugal et ayant échangé les quelques informations que nous avons obtenues, nous nous rendons à nos chambres et dormons du sommeil du juste.


Le 5 avril 989, Auberge du petit château, île de Corvinus.

A peine sommes nous réveillés, toilettés et habillés, qu'un garde au teint pâle et aux manières peu courtoises frappe violemment à la porte. Ce gugus, un certain Emile Zolt, capitaine de la garde du marquis Calvaconti, nous fait savoir, avec tout le peu de délicatesse dont un homme de son genre est capable, que son seigneur nous invite à le rejoindre le soir même pour un dîner en sa demeure. Évidemment, nous acceptons, bien au fait que le terme invitation soit ici synonyme d'obligation.

Hors ligne Mica

  • Grand parolier des forum
  • *****
  • Messages: 366
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
Re : Journal de Ryo Everard
« Réponse #3 le: 22/09/2010, 13:58:50 pm »
Durant la journée, nous nous rendons à l'église où nous rencontrons deux paysans en train de discuter. Après quelques échanges, nous apprenons que le père Scott, ancien curé du village, est décédé d'un choc à la tête après une chute malencontreuse. De son côté, le mari de Myriam a perdu la vie en chutant du toit de son auberge alors qu'il le réparait.

Notre investigation au sein de l'église ne nous menant nulle part, nous décidons de nous rendre chez la jeune Catherine Absolom, la protégée du père Scott. Nous n'y trouvons personne et patientons quelques temps, attendant la venue de la jeune fille. Après un repas léger, nous décidons de rendre visite au docteur Feringo, médecin de l'hôpital. Notre échange est sans intérêt et nous apprend rien de nouveau. Nous retournons donc à l'auberge pour patienter.

Sur les coups de 16h00, nous nous rendons au lieu convenu avec Emile Zolt et attendons notre cocher afin d'être menés auprès du marquis Calvaconti. Nous découvrons une demeure plutôt sinistre bien que richement décorée et dont certains murs portent des tableaux représentant des paysages de l'île. Le marquis est un homme courtois et maniéré bien que retiré du monde civilisé. Après à peine plus d'une heure de bavardages, nous sommes raccompagnés à notre auberge. Sur le chemin, nous apercevons sur une colline la silhouette d'une personne probablement en train de nous observer.


Le 6 avril 989, île de Corvinus.

Le matin, nous nous rendons sur la colline où nous avons aperçu la silhouette d'un homme la veille. Nous découvrons quelques paysans effrayés et peu amicaux, nous exhortant, fourches à la main, à retourner d'où nous venons. La petite communauté qui vit issue est composée d'un homme et de ses trois fils, considérés par les villageois comme des sauvages qui vivent en marge de la société. Après quelques négociations, nous réussissons à les calmer et obtenons quelques informations sur l'île et ses habitants, et plus particulièrement sur le compte du marquis. Il semblerait que la mort du père Scott ne soit pas un accident mais un meurtre, commis par les hommes du marquis Calvaconti. Ceux-ci sont, en quête d'un "livre pour le seigneur Galael" selon leurs dires, se seraient débarrassés d'un témoin gênant.

Après un en-cas pris à l'auberge, nous retournons fouiller l'église et le cimetière mais ne découvrons aucun indice. Une intrusion dans la demeure de Catherine Absolom n'apporte que peu d'informations, si ce n'est qu'il s'agirait d'une joueuse de harpe et d'une peintre talentueuse. Petit aparté : nous apprenons qu'Hyppolite ne s'appelle pas réellement qu'Hyppolite et qu'il n'est pas celui qu'il prétend être. A vrai dire, je n'ai pas compris grand chose à ses élucubrations, je me demande s'il a toute sa tête.

Nous retournons parler au docteur Feringo qui nous apprend le nom du précédent propriétaire du château du marquis, un certain comte de Lapendis. Une visite chez le maire ne nous apprend rien de plus. Nous attendons la nuis et nous cachons dans le cimetière, attendons une possible visite de Catherine. A la place, nous faisons connaissance avec la silhouette trempée d'un homme qui nous interpelle et déblatère quelques inepties auxquelles nous ne comprenons rien : "Vous ne le voyez pas ? Le salut ... Notre condamnation ... La vérité ... les Ténèbres ... Tout ... Tout est tenu par ces mains." L'apparence de l'homme nous laisse supposer qu'il s'agirait d'une apparition ou du fantôme du père Scott, décédé un soir de pluie battante.